Les premières semaines d’allaitement sont souvent bien différentes de ce qu’on imaginait. Douleurs, doutes sur la quantité de lait, position inconfortable, montée de lait difficile à gérer… Beaucoup de mères se retrouvent seules face à ces obstacles, sans savoir vers qui se tourner. C’est dans ce contexte que la méthode Gordon prend tout son sens.
La méthode Gordon en allaitement : de quoi s’agit-il exactement ?
Thomas Gordon est un psychologue américain qui a développé dans les années 1970 une approche de la communication basée sur l’écoute active, l’empathie et l’expression des besoins. Si son nom est souvent associé à l’éducation des enfants, ses principes s’appliquent aussi très concrètement à l’accompagnement des mères allaitantes.
Dans ce contexte, la méthode Gordon ne désigne pas un protocole médical spécifique à l’allaitement, mais une façon d’aborder les difficultés rencontrées : plutôt que de donner des conseils directifs ou de minimiser les ressentis, l’entourage, partenaire, famille, sage-femme, consultante en lactation , est invité à écouter vraiment, sans juger. L’idée centrale : une mère qui se sent entendue et soutenue trouve plus facilement ses propres solutions.
Concrètement, cela signifie qu’on remplace les phrases du type « tu devrais donner le biberon si tu n’as pas assez de lait » par une écoute ouverte : « comment tu vis ça en ce moment ? Qu’est-ce qui te pèse le plus ? ». Ce n’est pas anodin : les études sur le soutien social montrent que la qualité de l’entourage est l’un des facteurs les plus déterminants dans la durée et la réussite de l’allaitement.
Comment s’applique la méthode Gordon et allaitement au quotidien ?
L’un des outils phares de Thomas Gordon, c’est le message en « je ». Plutôt que d’accuser ou de généraliser, on exprime ce qu’on ressent soi-même. Pour une mère allaitante, cela peut transformer les échanges avec son entourage.
Au lieu de dire « tu ne m’aides jamais la nuit », elle peut exprimer : « je me sens épuisée et j’ai besoin de soutien pour les tétées nocturnes ». Cette reformulation ouvre un dialogue au lieu de créer une tension. Et dans l’autre sens, quand c’est le conjoint ou la famille qui parle à la mère, le même principe s’applique : pas de jugement sur ses choix, pas de pression, mais une vraie conversation.

L’écoute active, autre pilier de la méthode, consiste à reformuler ce qu’on entend pour montrer qu’on a compris. Une consultante en lactation formée à cette approche ne dira pas « ce n’est pas grave, ça passera ». Elle dira plutôt : « si je comprends bien, tu as l’impression que ton bébé ne prend pas assez de lait et ça t’angoisse beaucoup ? ». Ce simple changement peut faire une différence énorme pour une mère en train de douter.
Quelles difficultés d’allaitement la méthode Gordon aide-t-elle à surmonter ?
La méthode Gordon n’est pas une solution aux crevasses ou à l’engorgement. Ces problèmes relèvent d’un accompagnement médical ou paramédical. En revanche, elle agit sur la dimension émotionnelle et relationnelle de l’allaitement, souvent sous-estimée.
Voici les situations où cette approche se révèle particulièrement utile :
- Le sentiment d’échec quand l’allaitement ne se passe pas comme prévu
- La pression de l’entourage (famille, belle-famille) sur les choix alimentaires du bébé
- La culpabilité liée au sevrage, qu’il soit précoce ou tardif
- L’isolement des premières semaines, notamment chez les mères sans réseau de soutien
- Les tensions dans le couple autour de la répartition des nuits et du rôle du père
Dans tous ces cas, appliquer les principes Gordon , écoute sans jugement, expression des besoins, résolution de conflits sans perdant, permet de désamorcer des situations qui peuvent, si elles s’accumulent, aboutir à un arrêt prématuré de l’allaitement.
Méthode Gordon : un outil pour les professionnels de santé aussi
De plus en plus de sages-femmes, puéricultrices et consultantes en lactation intègrent les outils de Gordon dans leur pratique. L’idée : accompagner sans imposer. Une professionnelle formée à cette approche va chercher à renforcer l’autonomie de la mère plutôt qu’à lui dire quoi faire. C’est une posture qui tranche avec le modèle traditionnel de la consultation médicale, où l’expert donne des consignes et le patient exécute. Avec la méthode Gordon, la mère reste actrice de son allaitement. Elle est guidée pour trouver ses propres réponses, ce qui renforce sa confiance sur le long terme.
@carole_herve Tu as les seins durs, chauds, une légère fièvre et ton lait ne coule pas comme il devrait ? Tu as peut-être un engorgement. ➡️ Commence la tétée du côté atteint (sauf douleur)m trop forte) ➡️ Applique de chaud avant la tétée pour faire couler le lait Et du froid entre les tétées si cela te soulage ➡️ Demande – et obtient ! que l’on te fasse un massage doux du sein en direction de ton aisselle et ensuite de ton oreille ➡️ Fais de l’assouplissement par contre-pression comme sur la vidéo ➡️ Fais téter ton bébé, de l’expression manuelle ou du tire-lait en douceur Et repose-toi pour récupérer de cette épreuve !! Plein de courage pour dépasser cet aléas et éviter qu’il n’entraîne des complications (mastite, baisse de lactation) —- Je suis Carole, également connue sous le pseudonyme @carole.questiondallaitement Je suis consultante en lactation certifiée IBCLC, formatrice, auteure, conférencière. Et je partage ici des informations sérieuses et accessibles sur l’allaitement, le post partum et la biologie du sommeil du tout petit. #allaitement#postpartum #ibclc #engorgement #questiondallaitement #accompagnement #allaitementmaternel #confianceensoi
Si vous êtes enceinte ou jeune maman et que vous souhaitez vous préparer à l’allaitement, il peut être utile de vous renseigner sur les formations ou ateliers animés par des professionnels qui intègrent cette approche. Certains réseaux de soutien à l’allaitement (comme La Leche League ou des associations locales) s’en inspirent directement.
Enfin, rappelons que cet article ne remplace en aucun cas un suivi médical ou paramédical. Si vous rencontrez des difficultés pendant l’allaitement — douleurs persistantes, bébé qui ne prend pas de poids, mastite. Cconsultez rapidement votre sage-femme, médecin ou une consultante en lactation certifiée IBCLC. Ne laissez pas une douleur ou une inquiétude s’installer sans en parler à un professionnel de santé.

